Ces gênes varient beaucoup d'une femme à l'autre : certaines n'en ressentent presque aucune, d'autres les gardent plusieurs mois, voire plusieurs années. Les connaître aide à en parler tôt, et c'est utile : une douleur traitée dès son apparition risque moins de s'installer [1].
Après la chirurgie : cicatrice, épaule et bras
L'opération du sein peut laisser des douleurs, une raideur et un gonflement de l'épaule [2]. L'incision sectionne aussi de petits nerfs de la peau, ce qui explique des sensations modifiées autour de la cicatrice ou sous l'aisselle, surtout après un prélèvement de ganglions [1].
Lever le bras, s'habiller ou porter un objet peut alors demander du temps. Quand un geste est inconfortable, on a tendance à l'éviter et à bouger autrement, ce qui peut entretenir des tensions dans la nuque, les épaules ou le dos.
La kinésithérapie, prescrite par le médecin, est la rééducation de référence. Une synthèse de 24 études conclut que les exercices améliorent nettement la mobilité de l'épaule après l'opération, sans augmenter le risque de lymphœdème [3].

Le lymphœdème, ou « gros bras »
Quand des ganglions de l'aisselle ont été retirés, la lymphe circule moins bien et le bras peut gonfler. Cela concerne 15 à 28 % des femmes après un curage axillaire et 2,5 à 6,9 % après un prélèvement du ganglion sentinelle [4].
- Quand ? De quelques semaines à plusieurs années après l'opération, avant deux ans dans la moitié des cas.
- Premier signe : une sensation de lourdeur dans le bras.
- Traitement : une kinésithérapie spécifique qui associe bandages, drainage lymphatique manuel et manchon de compression.
- Au quotidien : aucune activité n'est interdite, et une activité physique progressive est recommandée.
Radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie
- Radiothérapie : la peau peut rougir comme après un coup de soleil et la fatigue est fréquente. Ces effets s'estompent en général dans les semaines ou les mois qui suivent [2].
- Chimiothérapie : certains produits provoquent des fourmillements dans les mains et les pieds [2].
- Hormonothérapie : des douleurs articulaires sont possibles avec les inhibiteurs de l'aromatase [2].
Si un traitement devient difficile à supporter, parlez-en à votre oncologue avant de le modifier ou de l'arrêter : des adaptations sont possibles.
Après une reconstruction mammaire
La reconstruction peut avoir lieu pendant l'opération initiale ou plus tard ; elle est prise en charge par l'Assurance Maladie [2]. Selon la technique choisie, elle ajoute ses propres cicatrices et son propre temps de récupération, avec parfois des tiraillements ou une gêne dans certains mouvements.
Quand en parler à votre médecin
Une douleur inhabituelle du bras, une rougeur ou un gonflement soudain imposent une consultation médicale [4]. Plus largement, contactez votre médecin ou votre équipe soignante, sans attendre le prochain rendez-vous de suivi, si vous remarquez :
- un bras ou une main qui gonfle ou devient lourd ;
- une zone rouge, chaude et douloureuse, surtout avec de la fièvre ou des frissons : consultez le jour même ;
- une douleur nouvelle, qui s'aggrave ou qui vous réveille la nuit ;
- une grosseur nouvelle au sein, sur la cicatrice ou sous l'aisselle ;
- une cicatrice qui change d'aspect ou qui coule ;
- une perte de force ou de sensibilité dans le bras ou la main.
Qui peut vous aider
- Votre médecin ou votre oncologue : premier interlocuteur pour tout symptôme et pour adapter un traitement.
- Le kinésithérapeute : rééducation de l'épaule et du bras, prise en charge du lymphœdème, sur prescription.
- L'activité physique : elle réduit la fatigue et améliore la qualité de vie, comme l'explique l'article sur le dépistage et l'après-traitement.
- L'ostéopathe : en complément, pour certaines tensions ou gênes de mobilité. Voir « Quelle place pour l'ostéopathie ? ».
À retenir
Des gênes peuvent persister après les traitements ; elles diffèrent selon la chirurgie, les traitements reçus et chaque personne.
La kinésithérapie et l'activité physique sont les deux appuis les mieux documentés pour retrouver de la mobilité.
Un bras qui gonfle, une rougeur avec fièvre ou une douleur nouvelle se signalent rapidement au médecin.

